American Psycho – Bret Easton Ellis – 1991 / Mary Harron – 2000

Qu’est-ce qui m’a pris quand j’ai commencé ce bouquin ? C’est un peu ce que je me suis dit à quelques reprises en lisant American Psycho.

American Psycho, c’est en général le film. Je l’ai vu, on peut dire « enfin », ça le mérite, il y a à peine quelques mois. Christian Bale y est Patrick Bateman, formidable. La scène des cartes de visite est extraordinaire, et extraordinairement bien ressentie ayant lu le bouquin.

913_american-psycho-psycho-1254612368

Oh mon dieu, l’épaisseur de la carte, le grain, la couleur ivoire, le relief des lettres, tout est parfait, je suis très très énervé, ouh la, que ça m’énerve.

Faire un film, savoir le faire, c’est vraiment un métier, savoir que faire ressortir d’un livre, c’est une gageure, pour sûr.

Et il y a l’autre chose qui m’a marquée du film, cette scène avec les fille, où il nique en se regardant. C’est vrai que Pat Bateman a un (tout petit) côté nombriliste, même si cette scène, ce regardage n’existe pas.

On retrouve surtout dans le livre un côté psychopathe, à la nausée.

Dans toute une première partie, on sent bien que cette personne, ce narrateur est particulier. Ca commence par l’inventaire détaillé de ce que portent tous les gens, tout le monde. Non attendez, je ne crois pas que vous puissiez vous faire une idée suffisamment précise du niveau d’inventaire, je vous cite un passage AU PIF.

Fouillant dans mon pardessus Hugo Boss, j’en tire un mouchoir – Polo – et après avoir essuyé le sang, le remercie d’un signe de tête, remets mes lunettes d’aviateur Wayfarer et m’en vais.

Un autre ?

Armstrong porte une chemise croisée en coton à rayures blanches et col ouvert, Christian Dior, et une large cravate de soie imprimée cachemire, Givenchy Gentleman. Son agenda et son porte-documents de cuir, Bottega Veneta, sont posés sur la cinquième chaise autour de notre table, une bonne table sur le devant, près de la fenêtre. Je porte un costume de laine peignée chinée à motifs écossais de Shoeneman pour De Rigueur, une chemise Bill Blass en popeline de coton, une cravate Macclesfield en soie de Savoy, et un mouchoir de coton de Ashear Bros.

OK. Non mais sérieux, c’est un peu long ces descriptions, tu vois, t’as vu.

Tu découvres que Pat, oui « Pat » est un peu dérangé quand tu vois cet attachement qu’il a à vouloir défoncer la gueule des gens. Mais la première vraie scène, ce couteau dans les yeux du clochard, ben hum, j’ai failli décrocher quand même. Et c’est là que je me suis dit que l’auteur était un peu dérangé, j’en suis sure. Comment écrire un putain de meurtre dégueu, je lis facile Stephen King pourtant, mais dégueu rien à voir, sans avoir foncièrement envie de tuer des gens, putain ? Comment how ?

american

En même temps, cela ne m’a jamais dérangée, au contraire, je pense qu’on est tous plus ou moins psychopathe, et l’écriture permet depuis d’innombrables années de libérer des salopards de leurs pulsions destructrices. Moi-même, combien de fois l’écriture m’a-t-elle permis de continuer à avancer dans la vie quand j’étais une sale louseuse solitaire ? Oui, j’étais une sale louseuse solitaire, ce n’est pas sale, c’est l’adolescence, mais ça ne change pas vraiment, hein.

L’on se demande surtout comment un mec aussi perturbé peut-il passer les tests d’acceptation au sein de la société. Que l’on nous fasse croire que l’argent fait tout. Oui, bon, je veux bien le croire, l’argent, le surplus du trop plein de beaucoup d’énormément d’argent, oui, sans doute. Mais cet homme là est aussi redoutablement intelligent, mais à la Rain Man style, Qui est en première base remplacé par le type de col de chemise qui se porte avec un costume rayé.

Malgré la satisfaction de ses pulsions dans sa vie cachée, Pat reste un personnage tout à fait névrosé dans la vie réelle, où il peut commencer à craquer si la carte de visite de son « copain » est mieux choisie que la sienne, alors imaginez s’il apprend que l’autre a un meilleur matériel audio ou vidéo, ou pire, s’il n’a pas de réservation au Dorsia !

chiristian-bale-american-psycho-2 (1)

Des images choc, bien plus faciles à accepter en film qu’en livre. La crudité des scènes de cul m’a coupé la libido, oui, elles se transforment rapidement en torture et bain de sang, parfois dans le désordre, toute cette violence gratuite est un peu compliquée à appréhender, je suis assez contente de l’avoir fini, par conséquent de ne plus avoir à le lire, dur à dire non ?

On se pose tout de même des questions sur Pat Bateman. Rendu psychopathe par son éducation, ça rappelle gentiment Dexter, en upper east side, à New York, dans les années 90, ouais, mais tout de même.

american-psycho-patrick-bateman (1)

Qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ? Et surtout l’éternelle question que je me pose en discutant avec quelqu’un Qu’est-ce qui fait de toi ce que tu es ? Donc je lirai sans doute les autres livres de Bret, tu permets que je t’appelle Bret ? Avoir d’autres perspectives sur la vie de Pat et son entourage.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s